Orchestre symphonique de Québec concert de clôture - HAMELIN JOUE MOZART - 26 mai 2021 !

Marc André HamelinOmbrage HAMELIN JOUE MOZART - ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUEBEC 26 mai 2021

Bien que nous n'ayons pas eu l'occasion de voir très souvent les musiciens de l'Orchestre Symphonique de Québec, ce soir 26 mai 2021 est le dernier concert de la saison et tant pour le plaisir du chef invité Jean-François Rivest que des musiciens, il y avait la possibilité d'assister sur place, en distanciation sociale, pour leur permettre d'entendre les applaudissements des spectateurs qui étaient heureux d'être de retour pour se sentir entouré de cette belle musique.

Le chef nous explique que le premier morceau de la soirée est dédié aux étudiants car cela lui rappelle les raisons que Brahms avait eu de créer son " Ouverture académique, opus 80". Depuis la première en 1881, cette ouverture festive, exubérante et débordante d’optimisme fait partie des œuvres de Brahms les plus appréciées et les plus régulièrement jouées. Le compositeur l’a écrite pour remercier l’Université de Breslau lorsqu’elle lui a accordé un doctorat honoris causa. Brahms affirme que la pièce est un « potpourri de chansons à boire d’étudiants » auquel s’ajoute une touche d’humour.

Avec le mode virtuel, qui était offert du 26 mai au 6 juin 2021 sur leur site u-tube, on gagne en visionnant de très près les cors, les violons, les trompettes, les tambours et autres instruments qui nous permettent ainsi de voir les visages et les mains de ces musiciens qui autrement nous semblent si loin. Cette fois la distanciation nous permet ce rapprochement visuel pendant lequel on voit encore mieux leur dextérité.

Le pianiste québécois virtuose Marc-André Hamelin nous transporte ensuite dans l’univers mozartien en interprétant le Concerto pour piano no23. Ce concerto, qui fait partie des œuvres de maturité du compositeur, a été qualifié de « probablement le plus parfait de tous les concertos de Mozart » par Olivier Messiaen. En effet, l’instrumentation et la structure sont particulièrement réussies et une fluidité remarquable se dégage des enchaînements harmoniques. Mozart l’a écrit en 1786.

On a droit à des moments aériens joué avec le doigté exceptionnel de Marc-André Hamelin qui nous ramène à la création de ce concerto, nous donnant une sensation printanière qui s'envole et fait disparaître les soucis. Que d'habileté et agilité qui s'éclatent sur le clavier. En adagio on ressent cette douceur enrobante qui nous tend à l'écoute; tandis qu'en allegro on ressent le retour à l'énergie, de la danse presque, avec l'entrain et appui des musiciens de l'Orchestre. On voit souvent les mains du pianiste courir sur le clavier prenant possession des blanches et des noires selon son besoin.

Enfin, le concert se termine en beauté par les deux suites symphoniques tirées du ballet Le Tricorne de Manuel de Falla. Elles nous transportent en Espagne, dans une atmosphère de danse et de fête tel que décrit par le maestro qui a pris plaisir encore une fois à nous émerveiller avec une danse andalouse, puis danse des voisins, danse du meunier et la danse finale un jota, très puissante.

La musique est ici comme la quintessence de l’Espagne en général et de l’Andalousie, en particulier. Sa courtoisie cérémonieuse et sa malicieuse gaîté, et aussi ce mélange de grâce désinvolte et de violence appliquée. D’ailleurs, Roland-Manuel, qui fut l’ami de Manuel de Falla, écrira à propos de l’œuvre: « Aucune musique n’eut jamais plus d’aisance dans la vivacité, plus de finesse dans la parodie, plus de mordant dans l’allusion. » Ce concert, une présentation de BMO Groupe Financier, s'est terminé par une salve d'applaudissements bien méritée.