VANIA présentée par Le théâtre du Trident


« Soyez libre au moins une fois dans votre vie. » :Cette pensée de Tchekvov nous donne envie de la suivre et c’est ce que les personnages de VANIA essaient tant bien que mal de faire. Comment vivre avec les autres et se penser libre, si on tient compte des rêves des autres, du quotidien qui parfois prend toute notre vie, qui nous emporte dans un chemin que l’on n’aurait pas du suivre mais qui a été notre vie finalement…c’est le changement de saison des âmes qui vibrent auquel on assiste.

On est bien loin de la Russie froide et des costumes russes mais le décor très fonctionnel et séduisant de simplicité nous emporte dans son monde, fait de fond de scène forestier bougeant selon les vents et les saisons, sur plancher de bois menant du bois à un domaine familial qui l’été offre un patio où prendre ses repas et la fraîche et lorsque l’hiver venu, se réchauffer à l’intérieur des murs qui les protègent, qui contiennent leurs vies toutes moulées à l’avance si rien ne change.

Vania (Hugues Frenette) et sa nièce Sonia (Claudiane Ruelland) exploitent le domaine de cette dernière à la campagne. Petits bourgeois, leur vie est tranquille à l'intérieur du cercle qu'ils fréquentent. L'arrivée du professeur Sérébriakov (Jacques Leblanc), le père de Sonia, et de sa jeune et belle épouse, Éléna (Alexandrine Warren), viendra bouleverser le quotidien de chacun.

De plus le Docteur (Jean Sébastien Ouellette) viendra mêler les cartes en essayant de soigner un professeur pas commode pour deux sous, qui garde sous son emprise sa femme, sa fille, son ex belle-mère et Vania qui semble son souffre douleur par bouts. Il ira de la forêt au domaine en bicyclette, semant son charme et ses convictions sur le chemin.

Éléna, dont l'amour pour son mari a flétri, déclenchera les passions chez les hommes, au grand malheur de Sonia, l'amoureuse sans retour. Vania, lui aussi amoureux de sa jeune belle-sœur, fera alors le bilan de sa vie et n'y trouvera que l'histoire d'un homme qui a vécu par procuration la célébrité de son beau-frère qui s'avère être un homme avec des qualités humaines et intellectuelles médiocres.

Vania de Tchekvov Vania, c'est d'abord et avant tout le regard de Tchekhov sur le quotidien, le temps qui passe, le bonheur , l'existence et qui ne vieillit pas . Une distribution à point, mise en scène juste et efficace signée Marie Gignac, qui nous ont donné de petits bijoux avec des détails tels que mouches à feux dans la forêt vibrante la nuit et mouvante le jour où on sent presque le vent faisant frissonner les feuilles apportant un air de fraîcheur avec sous un style de tragédie/comédie qui nous fait passer la soirée rapidement et en laissant le temps faire son œuvre.

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