TRIDENT - Rêver d’avenir, dernière pièce de la saison 2018-19!

La dernière pièce de la saison 2018-19 du Trident nous fait vibrer de poésie. « Je me soulève » est un collage de texte d’une vingtaine de poètes québécois, dont certains ont été écrits précisément pour cette pièce. Il y a des œuvres d’artistes comme Félix Leclerc ou Richard Desjardins.

Sous des apparences de décors dépouillés, une mise en scène habile nous présente une série d’images d’épinales qui nous branche directement sur les souvenirs de notre enfance comme la poésie sait si bien le faire. Tout débute avec un sac qui s’envole dans une bourrasque d’automne dans un coin de ruelle, que dis-je, des dizaines de sacs de toutes les couleurs, et l’amour au centre de ces méduses de plastiques qui montent et redescendent pour mieux remonter.

Et il y a les mots. Les mots qui flottent sur des draps blancs. Des mots simples et forts. Des mots dits qui flottent dans l’air, suspendus sur les notes de la musique, parfois insistante, parfois discrète. Des mots percutants qui parfois nous questionnent : « Qu’avez-vous fait ? », « Qu’est-ce que vous nous avez laissé ? », « Qu’est-ce que nous pourrons donner à nos enfants ? ». Et il y a des mots d’espoir, au-delà de la désespérance : l’espérance.

Plus de quatre-vingt-dix minutes d’une génération qui porte un regard sur notre société : cette course à la consommation effrénée avec son boulevard Hamel, ses Yankees, ses phrases de pain tranché et son catalogue Ikéa. Il y a aussi ce regard désabusé sur le travail des politiciens et des journalistes.

Le Théâtre du Trident Ombrage Tout le long de la pièce, dix-huit enfants accompagnaient parfois les dix-huit acteurs-conteurs. Ces enfants sont comme un rappel de leur passé, de leur enfance. Ils permettent à la fin un message d’espoir que nous ferons mieux pour donner un avenir à ces enfants que nous portons en nous.

Dans tout le spectacle, il a plusieurs moments que je n’oublierai pas : les nuées d’oiseaux blancs de papier portés par des enfants dans un murmure de papier ; les journalistes qui se font éclabousser de terre et d’eau par un politicien qui répond n’importe quoi aux questions insipides ; la poésie du catalogue d’Ikéa ou l’ode à la consommation ; cette enfant à qui on accrochait des ballons rouges en lui léguant la curiosité ; et les images de canot comme une chasse-galerie, le camping au coin du feu. Et ce qui m’a tiré une larme, sans un mot, sur une musique techno, chacun des artistes portaient un ou deux enfants dans leurs bras pour traverser lentement la scène du côté jardin vers le côté cours, comme on porte l’espoir du monde.

« Je me soulève » restera dans mes coups de cœur théâtraux, juste à côté d’un Shakespeare, d’un Lepage, comme l’une de ces pièces qui vous émeuvent avec ce qui ressurgit par la puissance des mots et des images. Il reste jusqu’au 18 mai 2019 pour voir cette magnifique pièce qui vous réconciliera avec l’enfance et l’espoir qu’elle fait naître, au Grand Théâtre de Québec.

DISTRIBUTION :

Media des 2 RivesOlivier Arteau
Marjorie Audet
Josué Beaucage
Maxime Beauregard-Martin
Mykalle Bielinski
Ariel Charest
Anne-Marie Côté
Jean-Philippe Côté
Gabrielle Ferron
Gabriel Fournier
Leïla Donabelle Kaze
Ania Luczaz-Leblanc
Marc-Antoine Marceau
Mélissa Merlo
Olivier Normand
Elkahna Talbi
Sarah Villeneuce-Desjardins
Alexandrine Warren

LES ENFANTS :
Laurent Brassard, Séraphina Abdou-Chekaraou, Mathilde Paquet-Lopez, Thierry Beaulieu, Émily Han, Flavie Larouche, Théo Larouche, Lili Villeneuve, Dahlia Otis Mathieu, Lazuli Otis Mathieu, Fanny Descombes, Jeanne Turcotte, Laurie Lessard, Vincent Michaud, Jeanne Babin et Émile Higgins // Mathias Tardif, Anaë Tardif, Lou Genest-Laroche, Stella Simard, Sephora Boudreault, Simone Thibault, Frédérique Thibault, Camille Gaudreau, Alex Michaud, Amina Chaib-Draa, Noémie Chong-Rabattu, Maya Fiset, Eliott Daoust, Arielle St-Pierre, Sunny Fu et Anaïs Côté.

France Vallée, collaboratrice pour Média des 2 Rives