THÉORÈME PAR GREG KENNEDY –Festival IJA 2015 de Québec

Turbo 418 accueille la 68e édition du Festival international de jonglerie du jusqu’au dimanche 26 juillet 2015. Cet évènement itinérant, le deuxième plus important au monde, séjournera à Québec grâce au travail acharné de l’organisme Turbo 418, ainsi qu’à l’appui de ses partenaires, l’École de cirque de Québec et la Ville de Québec. Deux grands spectacles de jonglerie auront lieu au cours de cette semaine ! Le tout nouveau spectacle Théorème de Greg Kennedy (Totem, Cirque du Soleil) qui a eu lieu le 23 juillet ainsi que le spectacle Cascade d’étoiles, le clou du festival, qui mettra en vedette entre autres Tony Frebourg, diaboliste français (Ovo, Cirque du Soleil), Solstix (Allemagne), et Svetlana Zueva (Russie) le 25 juillet.

En ce qui concerne le spectacle Théorème par Greg Kennedy, du 23 juillet 2015, la salle de l’École de cirque de Québec étaient remplie à pleine capacité dont plusieurs jongleurs venus voir les nouveautés que Greg Kennedy avaient concoctées. Il nous montre avec son équipe qu’il y a tout un autre aspect à la physique que les chiffres, il y a aussi le jeu, celui des enfants qui voient le tout comme un casse-tête à regarder et réaliser.

D’une durée de 90 minutes, cette nouvelle mouture « Théorème » jouée pour l’une des premières fois à Québec, a épaté la galerie qui a applaudi tout au long les numéros qui ont soulevé l’admiration et qui dépassent souvent la logique. On y sent le souffle de l’inventeur qui nous amène dans son monde de machines et prototypes pour mieux nous creuser les méninges et essayer de percer le secret de leurs succès. D’ailleurs plusieurs exemples des numéros présentés se retrouvent en modèles réduits à l’avant et attirent l’attention des spectateurs qui essaient de résoudre l’énigme en s’amusant à la pause.

L’atmosphère en général dans la salle était plutôt survoltée et il n’était pas rare de voir des avions de papier, des ballounes ou balles s’envoler pour atterrir plus loin en attendant le début du spectacle ou le début de la seconde partie du spectacle.

Christine Morano et Nicole Burgio Les six membres de l’équipe brillent de par leur aptitude à donner tout ce qu’ils ont pour répondre au besoin du moment. La musique de Matt Scarborough leur sert de fond pour entourer leur performance mais parfois ce sont les balles elles-mêmes qui rythment le tout en frappant le bois sur diverses formes. Le casse-tête magique formant une pyramide de boîtes s’empilant qui est réduite à néant en quelques secondes en enlevant seulement le dernier petit carré est phénoménal; c’est un feu roulant incessant de numéros de jonglerie qui nous montre une variété incroyable où les balles valsent soit dans les demie-sphères, où dans des machines ronde à intérieur carré leur servant de base, où Greg Kennedy, Zach Delong et Shane Miclan font des manipulations à 6 mains donnant un ballet aérien particulier lorsque les trois changent de places et de mouvements.

Christine Morano et Nicole Burgio jonglent plutôt avec l’aérien, sur un double câble avec un équilibre, une grâce naturelle et une poésie travaillée que ce soit en appui sur un bras ou sur le corps de l’autre avec des mouvements en symbiose et une confiance aveugle l’une en l’autre. Elles participent également à d’autres numéros de balles ou de danses en accord avec la musique et les mouvements des balles comme celui des boules argentées où cinq artistes manipulent 15 boules sans emmêler leurs élastiques les retenant et donnant un ballet coloré. On a même des lanternes chinoises qui dansent dans la nuit sur des perches rallongeant le mouvement nocturne magique.

La soirée nous apporte de belles et grandes surprises plus éclatantes les unes que les autres comme la balançoire aérienne qui nous montre un enchevêtrement de mouvements bien calculés sur le mouvement de balancier et donnant de belles arabesques enlevantes. Tout comme cela est le cas dans le numéro de la chaise suspendue qui nous ramène nos deux sirènes avec leurs mouvements très artistiques et en parfaite complicité.

On joue également beaucoup avec la matière pour trouver une résonance particulière pour les mouvements de balles qui vont parfois à la vitesse éclair, on utilise même des tuyaux transparents plastifiés qui donnent une belle musique avant de nous présenter quelques inventions comme le cylindre gigantesque pour le maestro de la jonglerie qui surprend l’assistance qu’il y soit seul ou en trio où leurs balles semblent avoir leur vie propre décidant du chemin qu’elles traceront – hypnotisant ainsi leur public qui en redemande.

Utilisation de roseaux se balançant comme au degré du vent insufflé par Greg, puis d’une forme géométrique se pliant et dépliant selon le bon plaisir d’un couple s’amusant dans cette prison de bois qui prend milles formes selon leur bon désir avant d’attirer notre regard dans l’espace, vers le dernier voyage de ces deux déesses aériennes qui se retrouvent dans une forme en losanges et prennent diverses poses surprenantes, se retenant à cette armature, le tout avec sourire et grâce.

Greg Kennedy Au dernier détour c’est l’entrée d’un cône géant translucide qui nous montera un Greg en pleine forme qui y jonglera avec 7 balles qui sont complètement folles et tournoient en tous sens sous les lancers rapides et précis du maître de la jonglerie, assez spectaculaire car il bouge en tous sens avec ces balles volantes et ce avec l’exactitude d’une montre bien huilée et qui ne perd pas une seconde.

Après des applaudissements bien soutenus et mérités, la directrice du Festival International de jonglerie IJA a tenu à rectifier une erreur faite il y a 19 ans en remettant finalement à Greg Kennedy la coupe 1996 du meilleur jongleur pour son originalité et innovation et qu’il n’avait pas reçue à l’époque dû à une trop longue délibération des juges de l’époque. Après avoir vu « Théorème », on comprend bien pourquoi il méritait bien cette coupe…il est tout simplement époustouflant.

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