SADLER’S WELLS –SUTRA une explosion de sentiments en mouvance!

La soirée du 1er mai 2018 nous a amené dans le monde de la danse de manière particulière car la scène de la Salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre étaient remplie d’un curieux mélange de coffrets de bois qui semblent avoir une vie propre grâce à l’interaction de dix-neuf bouddhistes, un danseur contemporain et cinq musiciens qui font partie du spectacle « Sutra » de Sidi Larbi Cherkaoui de Sadler’s Wells, l'une des productions les plus exaltantes de Sadler's Wells.

Acclamée partout où elle est présentée, elle est une exploration contemporaine de la philosophie et de la foi derrière le kung-fu. Cette œuvre à couper le souffle met en vedette des moines bouddhistes du temple Shaolin qui, en manipulant une vingtaine de boîtes de bois, créent de magnifiques tableaux et des moments touchants. Ils ont décidé de revenir à Québec pour fêter leur 10e anniversaire et nous permettre de voir ce chef d’œuvre d’imagination, de contemplation, de manœuvres parfois risquées mais toujours inventives, surprenantes et éclatantes.

«Sutra» de Sidi Larbi Cherkaoui de Sadler’s Wells Ombrage Pendant que le maître explique à l’enfant l’art du maniement du sabre on voit un guerrier faire les mêmes mouvements grandeur nature et à chaque fois que l’enfant bouge les blocs (modèle réduit de la scène) la même chose arrive sur scène en modèle réel; même chose pour la pêche des hommes, les prières ou enchaînement de mouvements qui composent une mosaïque mystérieuse et captivante. L’idée de l’infini et de la chasse contre le mal se répercute maintes fois dans le programme et donne des tableaux vraiment envoûtants. Les spectateurs sont soudés à chaque mouvement et n’ose pas bouger pour ne rien perdre de cette quête.

Chaque homme a sa carcasse à porter tout en essayant de se libérer de son fardeau. Tout au long du parcours on assiste vraiment à du grand art dans la manipulation des coffrets de bois qui se retrouvent comme des dominos ou un lotus s’ouvrant sur la spiritualité, le tout dans des mouvements synchronisés qui tiennent parfois de l’impossible et qui sont éblouissants. On assiste à un mélange de plusieurs médiums nous rappelant le tai-chi, le kung fu et la discipline des bouddhistes. Des chorégraphies impressionnantes de ce jeu de blocs géants qui a servi de terrain d’apprentissage à ce jeune bouddhiste étudiant pour atteindre la perfection.

«Sutra» de Sidi Larbi Cherkaoui de Sadler’s Wells Ombrage Le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui est né en 1976 de mère belge et de père marocain, Sidi Larbi Cherkaoui est le fruit de deux cultures; cette identité mixte marque toute sa démarche artistique. Curieux et ouvert, le chorégraphe privilégie la coexistence des approches et des traditions et refuse toute hiérarchie quant au mode d’expression. Ce qui l’intéresse, ce sont les « points de contact ». Enfant chéri de la scène européenne, il séduit partout sur la planète avec des œuvres mosaïques fusionnant arts et cultures.