14-18 Paroles et Musique , présenté au Palais Montcalm le 11 octobre 2014


Québec le Mise en scène de Cyril Gauvin Francoeur, cette histoire racontée ,chantée et jouée brillamment par Steve Normandin, Maxim Bernard et Éric Leblanc nous a transporté dans une autre époque, un autre monde que peu de gens ont connu, sinon par la transmission d’histoires de leur grand-père qui revenait de ces combats ou d’autres qui leur racontaient ce qui était arrivé et pourquoi il n’en n’était pas revenu.

1914-18 en paroles et musique Cela nous plonge musicalement dès le départ dans une atmosphère particulière reflétant tout le drame qui s’y déroulait, où on sent sans effort la tourmente au cœur du mouvement. La voix du comédien Éric Leblanc est belle, profonde, réfléchie et sait nous faire frémir, nous faire ressentir ce qu’ils pensent de leurs vies et de leurs morts car la guerre est déclarée mais c’est un crime contre l’humanité, peu importe la nationalité. On se retrouve face à face, pour se tuer même si on ne se connaît pas, l’important rester du bon côté.

La magnifique musique de l’accordéoniste et chanteur Steve Normandin amène un certain baume sur cette folie des hommes avec « la valse bleu horizon », typiquement française, qui vous fait passer des frissons grâce à une dextérité exceptionnelle et une joie de vivre qui perce son regard. Les poèmes et extraits littéraires écrits par des français, des allemands et des anglais qui ont vécu cette guerre ajoutent beaucoup à l’expérience avec les projections y correspondant qui nous amènent plus près de l’action et les coups de canons se répercutant dans la nuit.

Le pianiste Maxim Bernard reproduit à merveille les pièces de Maurice Ravel créées soit à la mémoire d’un ami tombé au front ou autres chansons d’époque qui font réfléchir à leurs vies dans ces tranchées…lorsque l’on entend « Si je mourrais là-bas » on ressent que cette possibilité se vivait quotidiennement. Ces textes et chansons/musiques ont défilées devant un public investi, ému , presque hypnotisé qui ne voulait pas rompre le lien qui s’était crée pendant la soirée. On se sentait presque là, dans les tranchées à les voir expirer leur vie et ressentir leur désespoir dans cette descente aux enfers.

Les superpositions d’images de la guerre qui s’accrochent aux textes et émotions exprimées étaient totalement absorbées par un public sidéré par la stupidité humaine et répondant à la lecture des lettres très émouvantes de condamnés à mort qui mourraient innocents d’avoir voulu se sauver de l’ennemi…on fait face à l’aberration d’une telle guerre et des directives qui en découlaient.

1914-18 en paroles et musique Certaines mélodies révélait une douceur insoupçonnée traitant de la mort, du moment où l’âme s’élève, des moments de transition, d’enchaînement de tableaux présentés de façon ingénieuse, merveilleuse avec une intensité, une pureté ébranlant l’âme des témoins présents dans la salle nous faisant demander « Est-ce ainsi que les hommes vivent » lorsque l’on entend ces textes touchant d’une vérité profonde où l’on est à la fois chasseur et proie, où se côtoie désespoir et joie, où les contradictions deviennent le quotidien, où on célèbre « Au pont de Minaucourt » les combats ayant eu lieu là-bas se terminant avec la joie de « Its a long way to Tipperary ».

Cette enceinte plus intime de la salle d’Youville qui réverbère le moindre son a semblé suspendue dans le temps pendant toute leur prestation; on osait à peine respirer pour ne pas empêcher l’histoire de se faire raconter grâce au très bel amalgame de médiums utilisés. Il est rare que l’on prenne le temps de s’arrêter pour réfléchir sur le passé pour que cela ne se reproduise pas dans le futur et cette soirée était une perle dans cet étendue d’informations qui se doivent d’être partagées pour assurer la paix, l’amour et la sérénité.

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