OLIVER JONES TRIO ET JOSÉE AIDANS “Chemistry” totale

Grand-Théâtre de Québec Ce samedi 3 mai 2014 dès 20h à la salle Louis-Fréchette du Grand-Théâtre de Québec , nous avons assisté à une grande soirée musicale avec comme étoile nul autre que Oliver Jones et ses deux acolytes/musiciens habituels avec qui il forme un trio incomparable cependant une nouveauté pour la soirée, soit une surprise annoncée, l’ajout d’une violoniste, Josée Aidans qui avait le goût de tremper son archet à la sauce jazz.

Dès l’apparition d’Oliver Jones sur scène, les applaudissements fusent de toute part pour l’accueillir et le remercier de venir nous voir à Québec après trois ans d’absence. Sa manière de communiquer avec le piano en harmonie avec ses musiciens est très appréciée car son doigté exceptionnel trouve écho dans la contrebasse d’Éric Lagacé et la batterie de Jim Doxas qui lui donne la réplique en s’amusant autant que lui lors de leur prestation.

Après une pièce plus jazzée et une balade nous donnant l’impression d’être dans un piano-bar, en toute intimité avec notre pianiste préféré dont l’expérience s’entend sur le bout de ses doigts dynamiques, il effleure les touches d’ivoire et d’ébène de manière presque magique, amoureuse, respectueuse avec qui il a une relation depuis 75 ans.

Il a débuté à jouer à l’âge de 5 ans et à l’approche de ses 80 ans, il a l’impression qu’il n’a pas vu le temps passé car il vit sa passion tous les jours .Lorsqu’il nous offre un medley romantique à souhait avec « La vie en rose », « Somewhere over the rainbow » et « What a wonderfull world », nos petits cœurs amoureux sont aux anges avec cette explosion réjouissante si talentueuse.

OLIVER JONES TRIO ET JOSÉE AIDANS - Chemistry totale Ce soir le trio se transforme en quatuor, parfois endiablé, avec la participation de Josée Aidans qui apporte un plus à la formation, une touche de fraîcheur à des pièces avec son violon festif. Selon l’air joué on sent l’âme sensible du violon devenir tourmenté, triste ou enjoué; il apporte une corde de plus pour exprimer le sentiment du moment; cela donne une saveur de miel toute douce rendant ce quatuor tout à fait savoureux sur des notes s’égrenant comme un jeune oiseau s’éveillant au printemps.

Ils ont l’air tellement heureux lorsqu’ils jouent ensemble et s’adressent l’un à l’autre en s’agaçant que cela devient contagieux rendant l’air saturé de plaisir, en particulier lorsqu’ils s’adressent à leur public, leur demandant de participer à la deuxième partie en apportant leurs demandes spéciales et d’acheter des CD pour qu’ils puissent payer le gaz de retour qui est rendu à un prix exorbitant , ce qui a bien fait rire les spectateurs qui se sont empressés d’aller les voir à leur table pour faire autographier leur souvenir.

Des demandes spéciales qui se ressemblent d’un spectacle à l’autre car elles sont des classiques qui nous sont chères et qui sont interprétées de manière féerique que ce soit « Georgia on my mind », « On the sunny side of the street » et plus encore. Ils ont débuté par un « Au clair de la lune » qui prend des allures inimaginables aux mains d’Oliver Jones et son trio qui nous avait offert un enchaînement d’incontournables « Blue moon/ Smile et « It had to be you » comme des sucreries qui nous remplissent d’un sentiment d’euphorie, de joie et de soleil.

Tout au long de la soirée on ressent la complicité entre chacun des musiciens et ce n’est pas surprenant qu’ils aient gagné le prix Juno de l’album jazz traditionnel de l’année en 2014 et on espère bien qu’il ne prendra pas sa retraite définitive bientôt car la relève a bien du travail pour rejoindre le degré de perfection qu’il nous apporte…qui se reflète aisément dans la pièce « Hymn to freedom » d’Oscar Peterson qu’il joue pour terminer son spectacle nous laissant avec ce goût paisible de bonheur provoqué par tant de beauté révélée.

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