OSQ - La Cinquième de Beethoven, dernier concert de la saison 2014-2015

Pour remercier les spectateurs de leur fidélité et soutient et leur offrir quelques instants de pur bonheur le temps d’un concert, un dernier pour la saison 2014-2015, l’OSQ voulait leur offrir un programme mémorable avec la Cinquième de Beethoven. La direction a tenu à souligner le travail exceptionnel des musiciens, du chœur, des bénévoles et remercier les commanditaires sans qui les programmes ne seraient pas ce qu’ils sont. L’OSQ se retrouvera pendant l’été au Domaine Forget, au Domaine Maizeret et aux rendez-vous d’août à St-Sacrement donc on va pouvoir en profiter en attendant nos rencontres habituelles au Grand Théâtre.

Fabien Gabel, chef d’orchestre, nous présente le compositeur Yannick Plamondon qui a la fierté d’entendre l’Orchestre symphonique de Québec jouer sa création « Pierres d’attente ». Après s’être accordés avec le premier violon, les musiciens de l’OSQ répondent instantanément à la direction du maestro, toujours en contrôle et en flexibilité donnant une sensibilité particulière à la pièce. On prend le bateau qui quitte le rivage vers l’aventure. On croirait que la nature est en tumulte avec la pluie, le vent, un début d’orage qui s’évapore jusqu’au dégagement , ouverture vers l’arc-en-ciel en attente de la destination finale qui peut se trouver au delà du réel.

Yannick Plamondon André Laplante , pianiste émérite, nous amène dans son univers avec un doigté magique qui s’agence à merveille au concerto pour piano no 3 en do majeur, comme si Prokofiev avait créé l’opus 26 pour lui qui en traduit si bien l’essence bouillonnante. Les castagnettes, aux saveurs de l’Espagne, se joignent à la fête déjà commencée. On croirait approcher les abords de la montagne au sorcier qui nous enchante et nous garde sous le charme sans pouvoir se déprendre de la cascades de notes égrainées sur le piano qui déferlent dans notre être comme si on ne pouvait ou ne voulait s’en évader.

On laisse sa force nous pénétrer pour faire partie de son voyage comme des pantins mécaniques dansant sur une cavalcade aux accents diaboliques. Puis au second mouvement le temps se fait plus léger comme si la course prenait un répit pour laisser les notes s’envoler avant de reprendre sa course effrénée, magistrale démontrant par moments le talent plus aérien des musiciens qui n’hésitent pas à plonger qu’au caractère plus puissant ou sombre de l’histoire. On ressent les sentiments parfois contradictoires se livrer bataille sous les doigts de ces virtuoses. Au final une certaine légèreté ou curiosité s’inscrit, toujours énergique, survoltée, qui demande une force et intensité supplémentaire aux musiciens…on a une impression de finalité, de retour à la maison lorsque le dernier mouvement s’achève.

André Laplante En seconde partie l’un des plus beaux chef-d’œuvres de Beethoven, reconnaissable entre tous qui dès le début nous saisit pour nous amener dans sa magie. La 5e symphonie en do mineur a une puissance enrobante qui nous montre le génie de l’œuvre et du compositeur. Le second passage semble s’ouvrir sur un grand bal du réveil de la nature qui s’étire gracieusement au son des cuivres et des cordes à l’unisson.

La fanfare royale ouvre le chemin et c’est l’entrée du cortège princier qui sourit aux invités avant de débuter la danse des émotions. Avec un salut et une robe d’apparat mirobolante commence la parade, tourbillons et voluptés, enchevêtrement des corps et cœurs, la musique leur permet milles fantaisies tandis que les oiseaux chantent à l’unisson magnifiant la beauté du moment.

OSQ La nuit avance, devient plus lourde, les allées bien gardées pour que rien ne gâche leur plaisir, pour qu’aucun intru ne puisse déranger leurs festivités, ne puisse porter atteinte à la beauté présente. Leur hymne majestueux rend grâce à la vie, à la joie fougueuse, à la rapidité du jeu qui traduit si bien son intention, sa passion, traversant les générations pour mieux les émouvoir. Un rendu vibrant, intense, envoûtant, excitant, tout simplement explosif.

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