MIDORI À L’OSQ - au Grand Théâtre, les 24 et 25 septembre 2014


Avant de débuter cette soirée du 24 septembre 2014, un violoniste de l’OSQ est venu nous sensibiliser à l’importance des Conservatoires de musique et pour nous démontrer l’importance du maintien du réseau des conservatoires, il n’y avait que quelques musiciens sur scène car ceux qui étaient issus du Conservatoire de musique attendaient en coulisse pour nous montrer à quel point l’OSQ ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans cet institut. Le public leur a montré leur appui en leur offrant une ovation monstre et en signant des pétitions qui les attendaient dans le foyer à l’entracte.

Pour le premier concert de la série Classique, l’OSQ avait comme chef invité Jean-François Rivest , Midori avec son violon et Guy Nadon, comédien qui nous déclame Hamlet en seconde partie, donc tout un programme diversifié et coloré particulièrement dans la pièce de John Estacio, « Boréalis »aux accents magiques grâce aux tintements du xylophone et des carillons. Il y avait une suite impressionnante de percussions sur scène qui offrait une variété sublime de sons représentant les couleurs tourbillonnantes de l’aurore boréale dansant dans la nuit.

On a l’impression que des feux follets les accompagnent dans leur progression. Leurs jeux souvent soulignés par la harpe qui en montre le mouvement, donnant l’impression de voir le ballet des orques sillonnant la nuit ondulant de vert, de rose s’entremêlant dansant sur le fond de la scène du Grand Théâtre pour un tableau vibrant rendant hommage à la diversité de la création, communiant avec la nature, totalement en symbiose. C’est impressionnant de voir à quel point les musiciens apportent une touche particulière au niveau percussion dans ce morceau grâce à la versatilité du jeu de chacun s’occupant chacun de plusieurs instruments.

Midori enchante le Grand Théâtre Puis c’est l’entrée de Midori, entrant comme une douce fleur printanière qui arrive avec son violon enchanté dont les mouvements touchent nos cordes sensibles comme si elle chantait une douce complainte s’élevant de son archet qui se promène à une vitesse folle comme s’il pouvait rattraper le fil de cette histoire musicale qui gronde, s’enflamme et l’entoure dans ce concerto pour violon, en ré mineur (opus47) de Jean Sibelius.

Elle fait sortir des notes élégantes qui s’alignent vers la stratosphère dans un dialogue qui lui est particulier, qu’elle seule sait interpréter . Lors des envolées plus douces on a le goût de danser, de se laisser emporter tout doucement pour rejoindre la beauté du mouvement qui nous ramène vers une cascade de farfadets qui semblent être sur une folle lancée forçant leur entrée dans la forêt sous le couvert des fougères leur apportant refuge. Dans la portion adagio di molto, son jeu semble encore plus divin s’approchant du battement de nos cœurs qui se mettent à son diapason bien que quelques mouvements de tourmente s’y mêlent grâce à la puissance de jeu des musiciens de l’OSQ.

Le 3e mouvement se fait plus rythmé et animé, on le voit d’ailleurs dans la manière de diriger son orchestre; le chef Jean-François Rivest est plus physique dans certaines demandes, flamboyant ou léger selon le moment attendu jusqu’à l’apothéose se terminant par plusieurs ovations qui se répètent pendant plusieurs minutes jusqu’à ce que Midori interprète une pièce en solo très appréciée.

Guy Nadon cite Hamlet Après l’entracte l’OSQ nous présente Hamlet, opus 116 de Dimitri Chostakovitch avec en accompagnement la voix unique de Guy Nadon qui nous offre sa version narrative de ces 8 tableaux musicaux avec toute l’émotion dramatique qui s’en suit. M. Nadon débute en demandant l’éternel « Être ou ne pas être » puis enchaîne avec son dialogue descriptif avec une voix superbe, posée mais clamant son texte comme s’il était sien, puis c’est la musique tragique de cette histoire shakespearienne qui s’enchaîne et dessine pour nous cette tragédie aux ondes obscures.

La musique met l’emphase sur des scènes précises que ce soit le bal au palais, le fantôme, dans le jardin ou duel et mort d’Hamlet, on sent l’urgence du moment. Les notes lugubres n’augurent rien de bon pour le protagoniste qui marche vers la mort et la narration de Guy Nadon est encore plus efficace lorsque la musique appuie ses dires simultanément lors de la scène de l’empoisonnement. On sent naître la duplicité et les mauvaises idées dans les notes transposées, une variété d’émotions transcrites musicalement avec grandeur. Tout cela donnant bien des occasions de recevoir les ovations répétées des spectateurs ravis.

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