Orchestre symphonique de Québec - Fabien Gabel et la momumentale 4e de Bruckner!

Ombrage Dans le cadre de la série Les classiques du mercredi, le 20 mars 2019 à 20 h dans la Salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, a eu lieu le spectacle "Fabien Gabel et la momumentale 4e de Bruckner " une symphonie romantique, un hymne à la vie le tout dirigé par Fabien Gabel, chef d'orchestre avec comme invité Isang Enders, violoncellliste, qui nous a présenté de Robert Schumann, le "Concerto pour violoncelle, en la mineur, opus 129, en trois mouvements. Mais avant tout on a eu droit à une présentation écourtée de la programmation de l'Orchestre symphonique de Québec pour l'année 2019 à 2020, avec un vidéo et un dialogue entre Fabien Gabel et Bertrand Alain pour nous parler de cette programmation extraordinaire qui va nous apporter de belle surprise et visite tout au long de cette nouvelle saison dont la visite de Bernard Labadie qui va venir pour le 250e anniversaire de Beethoven.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage La soirée débute avec un musicien d’exception, Isang Enders qui exécute le Concerto pour violoncelle de Schumann, œuvre irrésistible ardemment défendue par sa femme Clara : « Le romantisme, l’esprit, la fraîcheur, l’humour, puis l’entrelacement fascinant du violoncelle et de l’orchestre, tout cela est vraiment passionnant ! ». On est immédiatement sous le charme de ce musicien de grand talent qui débute avec assurance et une main experte guidant le tempo de la pièce puis s'arrêtant lors de moments plus forts en appui avec la musique de l'Orchestre qui enveloppe sa saveur avec force et puissance. La voix du violoncelle se fait basse au départ puis semble s'amuser sur plusieurs tons pour arriver dans une portion plus doucereuse et romantique enrobée d'intonations passionnées qui s'élèvent vigoureusement.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Lorsqu'il joue seul il semble transporter dans un autre univers comme s'il flottait sur les notes qui sortent de son instrument. Il ressent la vibration de la pièce à l'intérieur de lui et la laisse s'échapper par ses mains habiles qui traduisent si bien l'expression de son sentiment. Ses portions solos semblent d'ailleurs nous atteindre comme une lettre d'amur dont il révèle la source, de l'espoir naissant en passant par des moments intenses ou il courtise la belle jusqu'à la nuit tombée et où les rêves sont tous permis; un regard vers la lune qui lui permet de voir le reflet de ses grands yeux posés tendrement sur lui. On sent l'excitation de la conquête et cela nous donne l'occasion d'entendre la voix de son violoncelle passant de basse à enjouée pour un résultat ovationné très longtemps, ayant été touché par cette poésie musicale.

Au retour de la pause c'est l'incroyable Symphonie no 4 « Romantique » d'Anton Bruckner , symphoniste de génie, que le maestro Gabel a dirigé de main de maître avec la puissance des musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec. Dès le début on entend le son du cor dans la forêt intense et l'appel de la vie nous amenant toutes les sections des musiciens avec force. Violons, violoncelles, contrebases et cuivres répondent à l'appel avec puissance et plaisir. Si belle amorce pour une douce promenade au coeur de la beauté qui nous séduit et nous révlèle sa fougue, sa vivacité avant de donner quelques mesures de sensibilité et romantisme devenant plus fougueux par moments. On a l'impression que tous les musiciens respirent au même moment donnant un souffle unique, grandiose, célébrant l'arrivée du printemps en lui insufflant du merveilleux.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage On ressent sa grandeur, sa capacité d'être grandiose, nous la présentant dans un écrin magnifique redescendant en cascades à l'unisson, d'une voix forte qui vous happe dans son tourbillon dans le vif du torrent. Second mouvement on replonge dans un ruisselet, un souffle à peine écris qui se demande où il doit se diriger avec des sons aériens et légers par moments. On dirait que l'hirondelle veux faire son nid tout en profitant de l'air frais et la liberté du vent qui rend le moment encore plus précieux. Les alternances des temps et soupirs donne l'impression d'être partie d'une course folle se terminant à bout de souffle, En 3e la chasse à cor reprend, plus énergisante, envoûtante, en grandeur et magnificence. On termine par monts et par vaux; le parcours a été vivifiant, enivrant, délicat mais constant, rempli de soubresauts mais aussi de douceurs de marguerites joyeuses et d'iris onctueux, d'une nature renouvelée qui nous demande de bouger et de se laisser prendre à ce jeu de la grandeur de cette symphonie de Brucker si bien traduite par les musiciens de l'Orchestre et Maestro Gabel qui nous offrent une belle envolée finale joyeuse, aux accents de liberté grâce à la puissance et saveur de tous les instruments nous apportant la magie.