Orchestre symphonique de Québec – TCHAIKOVSKI dans la langue de Shakespeare!

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Dans le cadre des classiques du mercredi, présenté par Hydro Québec, l’Orchestre symphonique de Québec nous a interprété de façon magistrale le programme « Tchaïkovski dans la langue de Shakespeare » ce mercredi 21 mars 2018 à 20h dans la salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec. Avec Andrei Feher qui a accepté de remplacer à quelques jours de délais le chef d’orchestre Frank Zielhorst; on pouvait lire son plaisir de se retrouver à la direction de l’OSQ.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Ils ont débuté avec l’ouverture-fantaisie de Roméo et Juliette , du Tchaïkovski savoureux dans lequel on entend si bien chacun des instruments, le violoncelle, les violons puis les flûtes et trompettes qui ajoutent chacun leur sonorité tout comme la harpe les mettant en avant plan par cette grande composition qui nous permet de mieux apprécier chacun des musiciens.

Certains passages sont plus doux, cousus dans la rêverie tandis que lorsque les mouvements sont plus dynamiques on sent la fougue, l’énergie et même le défi, la hardiesse et on voit que Andrei Feher est vraiment enthousiaste de retrouver ces musiciens dans ce moment de rêve, d’amour si bien traduits. On se sent comme des petits oiseaux épiant le doux bonheur de Roméo et Juliette. On entend aussi la peur, le dramatique et le désespoir intervenir grâce au doigté exceptionnel des musiciens…un pur délice pendant lequel le maestro laisse sa baguette diriger les émotions.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Avec « Hamlet » la section cuivre est plus imposante sans oublier l’implication du gong, gros tambour et cymbales qui interviennent pour contrebalancer les bouts plus langoureux ou d’espoir plus aériens avec flûtes; parfois on a même l’impression d’entendre une cavalerie qui avance. On se sent comme un papillon qui se dirige en soubresauts vers la forêt qui gronde sous l’orage qui s’amène. Toute une première partie qui nous fait tant apprécier le grand répertoire symphonique.

En seconde partie, on plonge dans la suite de « Casse-Noisettes, opus71 a » qui nous rappelle de beaux souvenirs que ce soit lors de l’ouverture ou des différentes danses caractéristiques, toutes aussi belles les unes que les autres allant de la marche, la danse de la fée Dragée, la russe, l’arabe, la chinoise et celles des mirlitons. Il ne manquait que les ballerines du Ballet Canadien et la neige; image imprégnée dans la tête de ceux qui étaient présents à leur spectacle de Noël. On y ressent la douceur, l’urgence, le plaisir de s’amuser sur cette si belle musique , magique pour ne pas dire angélique grâce au son de la harpe . La valse des fleurs nous a donné le goût de valser avec de grandes robes de bal qui tournoient légèrement, s’envolant comme des petites fleurs colorées.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Pour terminer cette soirée magique c’est la magistrale « Ouverture 1812, opus 49 » qui bouleverse et balaie tout sur son passage apportant une si grande tristesse dès les premières notes, la profondeur du moment nous pénètre grâce aux cordes qui traduisent ce moment solennel. Les autres instruments se joignent pour créer l’ampleur et la force de cette histoire. Il nous font ressentir l’urgence du moment avec le mélange grandissant des cordes, des cuivres et percussions. L’appel du cor et du tambour est toujours aussi prenant nous amenant vers le non-retour dans cette pièce tout à fait explosive.

Certaines portions magiques font refleurir l’espoir et la paix pour une parcelle aérienne qui pansent les plaies avant le rendu final si puissant, bouleversant que les larmes nous montent aux yeux lorsque les cloches s’ajoutent à la grande finale qui se répercute de tous côtés lorsque les tambours sonnent de toute part. La plus belle Ouverture 1812 jamais entendu et elle méritait bien une très longue ovation debout qui ne voulait plus s’arrêter…soirée totalement magique.