OSQ Les coups de coeur de Fabien Gabel 2014


Ce mercredi 19 novembre 2014, au Grand Théâtre de Québec l’OSQ avait au programme « les coups de coeur de Fabien Gabel », le tout présenté par la Maison Simons heureuse de partager avec nous ces précieux moments d’émotion lors de la série rendez-vous classique Simons qui nous amènera des pièces de Blackburn, Bartok et Brahms devant plus de 1000 spectateurs prêts à savourer ces choix judicieux.

Dès l’arrivée de Fabien Gabel, on sent la fébrilité du public venu entendre ses coups de coeur. Tout d’abord les musiciens de l’Orchestre Symphonique de Québec sont en vedette avec la « Fantaisie en mocassins » de Maurice Blackburn et c’est le premier violon qui nous entraîne dans la danse qui passe de l’endiablée au sublime. On a l’impression d’être à l’orée du bois lorsque la nature se réveille et que ses branches s’étirent au petit matin.

On ouvre les yeux sur les merveilles dépeintes par la musique devenue douceur puis enjouée avec des petits en mocassins qui s’amusent à courir tout autour; dévaler les montages, sauter de roche en roche près de la rivière tumultueuse. Une multitude d’images rafraîchissantes surgissent à l’écoute de ce vent de fraîcheur surmonté de colibris et oiseaux moqueurs, une pure fantaisie. Comme toujours les musiciens de l’OSQ nous remplissent les oreilles et le coeur de petits bonheurs.

Jennifer Frautschi Puis c’est le concerto pour violon no 2 de Bella Bartok avec comme violoniste invitée Jennifer Frautschi, une américaine lauréate d’un prestigieux Prix de carrière Avery Fischer et qui s’impose d’ores et déjà comme une artiste de premier plan. Dès les premières notes, elle séduit l’auditoire qui reste accrochée aux mouvements de son archet ensorcelé qui se promène entre tourmente et tranquillité en passant par l’extase tout en s’engageant pour passer jusqu’à une vitesse extrême en un rien de temps montrant encore plus les contrastes tranchants parsemant ce concerto.

À regarder la ferveur avec laquelle il dirige ses musiciens, on voit à quel point le chef Fabien Gabel semble apprécier comment ses coups de coeur sont joués, même si cela est exigeant par les changements rapides de tempo nécessaires. Lors de la portion thème et variations, la grandeur de l’oeuvre fait plus entendre sa voix doucereuse en andante tranquillo par moments pour se traduire presque comme une supplique appuyée par la harpe qui lui fait une réponse à saveur duo avec le violon, se départageant par moments la trame du programme.

La 3e section de ce concerto y va plus rondement, on sent l’urgence du moment prendre presque le dessus et cela démontre toute la dextérité nécessaire pour un tel rendu ainsi qu’entraînement, persévérence et presqu’un don pour donner une performance d’une telle finesse; toute une conversation mouvementée entre la soliste et les musiciens de l’OSQ se terminant par la bouche de leurs percussions et des salves répétées d’applaudissement.

Jennifer Frautschi En seconde partie, on se laisse charmer avec la symphonie no 2 en ré majeur de Johannes Brahms avec ses notes sublimes qui nous amènent dans une autre sphère de beauté grandissante à chaque mouvement. Les grandes oeuvres laissent toujours une empreinte positive et parfois magique sur l’âme qui écoute son message. Les notes s’entremêlent dans cette fête musicale; les flûtes et corps se mêlent de la partie en y ajoutant leurs voix aux autres cuivres et cordes ayant déjà pris part au bal plus tôt. Le printemps refleurit, les bourgeons sont regaillardis, les fleurs sentent l’énergie resurgir et on assiste à cet éveil printanier. Une ode à la vie criante, foudroyante qui montre la victoire grâce à la résilience et persévérance.

On a presque le goût de s’envoler sur un tapis magique qui serait guidé par cette magnifique musique intemporelle. Si on se laisse bercer par ces trames magistralement transcrites par ces musiciens extraordinaires, on n’en ressort que grandi de l’expérience. Notre esprit vagabonde et se ressource à l’écoute de ces doux moments d’émotion qui nous offre une détente assurée grâce à ces mains de fées qui ont longtemps pratiquées des vibrations d’éternité. Dirigés habilement par Fabien Gabel avec élégance; on voit qu’il aime créer la tempête, la dompter pour qu’elle se replie et magnifie la douceur de l’abandon. On peut entendre la joie de vivre s’échapper de sa baguette pour mieux nous faire sourire aux étoiles.

Média des 2 rives.com, votre source d'information sur ce qui se passe des deux côtés du fleuve soit Lévis et Québec