Orchestre Symphonique de Québec RAVEL par Marc-André Hamelin au piano!

Orchestre Symphonique de Québec Ombrage Lors du dernier concert de la saison de l’Orchestre Symphonique de Québec, le mercredi 30 mai 2018 à 20h au Grand Théâtre de Québec, on nous a proposé comme classique du mercredi un concert particulier avec Marc-André Hamelin au piano qui ne joue que de la main gauche le concerto de Maurice Ravel ainsi que l’enregistrement des portions des musiciens de l’Orchestre Symphonique de Québec lors des partitions de Musique Française de Ravel, Poulenc et Offenbach.

Le disque enregistré par l’Orchestre dirigé par Fabien Gabel, ce soir et lendemain en matinée, sera disponible en septembre prochain, juste à surveiller le lancement de cette petite merveille. Débutant par les « Valses nobles et sentimentales » de Maurice Ravel qui dès les premières notes nous donne le goût de se retrouver à Paris près de la Seine pour écouter cette douce musique et voir les amoureux se promener. La marche est modérée, enthousiaste, puis plus lente , amoureuse avant de devenir plus amusante.

On a le goût de cueillir quelques fleurs, de faire quelques pas de danse et courbettes pour se rapprocher de l’être aimé. On tourne autour du lampadaire montrant notre côté plus enjoué suivant les mouvements de l’Orchestre. La musique nous invite à nous animer, amuser, à enlacer notre partenaire en passant sous les petits ponts, souriant à la vie. Ils jouent sur la harpe de nos émotions et nous porte à faire quelques pas, main dans la main; la tendresse se ressent et passe si bien. On sent que la nature s’éveille sous leurs pas, au même rythme que le film de leur vie se développe parfois lentement, agité ou moins vif.

Ensuite c’est le « concerto pour la main gauche en ré majeur » de Maurice Ravel, par le pianiste montréalais Marc-André Hamelin avec un début léger, quelques instruments seulement et finalement rejoints par toutes les sections puis c’est la voix du piano qui se fait entendre. Ce soir on entend ce que la main gauche veut bien nous offrir car la droite se repose simplement sur le banc; c’est plutôt rare de voir ce genre d’exploit et Marc-André Hamelin réussit parfaitement à relever le défi. Les musiciens de l’Orchestre y ajoute une note de grandiose entre les portions de piano si douces puis c’est un dialogue éclatant entre eux surtout lors de la finale magistrale et puissante qui est ovationné chaleureusement. Plus de 1400 personnes étaient venues pour écouter ce programme à saveur française.

Après l’entracte c’est « Les Biches », suite d’orchestre de Francis Poulenc qui en 5 volets nous amène dans divers tempos enlevants qu’il a composé comme un ballet de volupté où il n’y a pas de place pour les sentiments nobles, côtoyant la volupté courtisane de l’époque. Cependant ce soir en l’écoutant, la musique m’a plutôt transporté dans les Alpes, une balade joyeuse avec littéralement des biches de montagne se promenant, qui sautent d’un rocher à l’autre en bêlant de bonheur. C’est une musique qui nous fait entrevoir, le contentement, le plaisir et un tendre bonheur en communion avec la nature, toute une tournée dynamique et élégante.

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16septembre2015 Ombrage On termine la soirée avec « La Gaîté parisienne » de Jacques Offenbach (orchestration de Manuel Rosenthal) et dès les premières notes on sent la frénésie parisienne avec des accents d’oiseaux moqueurs qui survolent la fanfare et regardent les danseuses de french cancan tournoyer sur cette musique où chacun des instruments brillent. On peut entendre les accents et sentiments français qui respirent dans chacune des portions de la pièce empreintes de légèreté, d’insouciance et de gaîté. Impression de voir des poupées russes tournoyant à l’infini. Tout à fait superbe et nous donnant une dose d’énergie automatique qui se traduit d’un côté à l’autre de la scène.

Par bouts on se sent comme des petits diablotins qui ont peine à s’empêcher de danser surtout dans la portion grandiose de valse, on croirait presque voir entrer Sissi et ses belles robes de bal dans la salle royale; on voudrait s’envoler sur ces airs célestes, une pure merveille. Rien qu’à le regarder, on sent que le maestro Gabel était dans son élément ; tout à fait captivant.