OSQ , Deux géants, deux chefs-d’œuvre au Grand Théâtre de Québec

Mercredi 11 mars 2015, au Grand Théâtre de Québec, L’Orchestre Symphonique de Québec présentait dans la série Rendez-vous Classiques de Simons, une rencontre particulière de Fabien Gabel, des étudiants du Conservatoire de musique de Québec ainsi que des étudiants de la Faculté de musique de l’Université Laval dans le concert intitulé « Deux géants, deux chefs-d’œuvre » précédé par un prélude au Foyer à 19h, donnant une ouverture particulière sur la soirée à venir.

Prélude avec le Maestro Fabien Gabel C’est une scène bien remplie de musiciens qui attendaient le maestro Gabel pour débuter la soirée avec « Rideau et Fanfares » de Simon Bertrand débutant avec les percussions aux intentions chinoises tel le gong résonnant dans la nuit. Pièce assez spectaculaire, frappante avec des claquements fouettant l’air. Dans la « cérémonie funèbre » de Gustav Mahler, on nous amène dans un univers plus aérien dont la musique s’élève avec vigueur à notre rencontre. La puissance du jeu est impressionnante donnant un rendu parfois doux comme de la soie pour se transformer en une cascade tumultueuse qui nous entraîne au loin.

Elle gagne en puissance, en royauté avec la richesse des instruments intervenant dans son dénouement inéluctable, vers l’ultime voyage nous amenant vers une douce prairie lointaine, fleurie et ensoleillée qui nous attend pour mieux s’y reposer; le tout dirigé avec élégance par Fabien Gabel. On sent la progression de la marche vers le moment fatidique de non-retour grâce à la puissance de tous ces musiciens dans ce concert conjoint; un feu d’artifices symphonique avec une touche céleste de la harpe.

Au retour c’est la « Symphonie no 9 en ré mineur » d’Anton Bruckner et en écoutant les premières notes gronder en sourdine, on a l’impression d’être à l’orée du bois prêt à participer à une chasse à cour… on sent la frayeur de l’animal qui aimerait mieux être ailleurs, se sentir gagner par la peur, se cherchant un moyen de se sauver. Lorsqu’on voit tant d’archets bouger à l’unisson, cela donne un son riche et si puissant avant que ne s’installe un dialogue avec les vents et percussions qui participent aussi au grand bal de la musique.

Prélude avec le Maestro Fabien Gabel Sublime ode à la vie, aux mouvements perpétuels, s’enchaînant et formant cette symphonie magistrale qui charme l’oreille et réchauffe le cœur. Tant d’amour pour la musique, d’heures de pratiques pour traduire l’âme du compositeur…vraiment de toute beauté lorsque l’on voit le mouvement collectif de l’archet magnifiant la création; sous le son sourd du tambour ou l’élan majestueux des cuivres qui appuient le tableau. Dans certaines portions on croirait voir le ballet des lucioles la nuit venue, dansant et formant des fresques nocturnes étoilées réjouissant les passants puis c’est le retour des nuages menaçant qui grondent et qui risquent de compromettre cette si belle soirée aux notes estivales.

C’est comme une aurore boréale naissante majestueuse de par sa seule existence et qui explose de couleurs grâce à toutes ces gouttes irisées, exquises qui se reflètent dans cette voûte céleste parfois perturbée mais toujours aussi belle. Les feux follets courant sur les archets s’en mêlent au 2e tempo avec des mouvements plus saccadés, comme torturés, menacés par cet air soudainement plus fort, plus présent. La flûte se fait magique pour mieux encercler de leurs bras ceux qu’elles charment et gardent dans leurs filets, enchaînant dans une farandole lumineuse, effervescente, enjouée où tous tourbillonnent de joie, ayant tout donné avant l’apothéose finale.

Prélude avec le Maestro Fabien Gabel La portion adagio de la symphonie est d’une finesse, d’une douceur exceptionnelle touchant l’âme des anges comme un hymne triomphal, après avoir gagné la bataille; le jour se lève avec des gouttes de rosées, pétales s’ouvrant et s’offrant à la chaleur du soleil. Une autre nuit fait partie du passé et l’espoir renaît devant la possibilité de ce nouveau jour débutant comme un nouveau-né avec toutes les possibilités de la vie, toute la beauté de ce nouveau cœur battant qui peut répondre à toutes les fantaisies. Un esprit serein, répondant à la vie qui montre en lui grâce à la musique naissante qui lui est offerte, un des cadeaux de la vie aux multiples couleurs… à nous de l’écouter et de l’apprécier.

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