Orchestre symphonique de Québec - Don Juan et Cyrano avec Emmanuel Bilodeau!

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Afin de célébrer en beauté la Saint-Valentin, l’Orchestre symphonique de Québec proposait un concert où la musique côtoie la poésie et le théâtre, mercredi 12 février à 20 h et le jeudi 13 février à 10 h 30 au Grand Théâtre de Québec. Dès 19 h, des centaines de spectateurs ont assisté au prélude animé par Irène Brisson. Cette rencontre permettait d’approfondir la démarche de création et de poser un regard éclairé sur le contexte historique dans lequel les œuvres ont été composées. Le prélude a été suivi d’un pré-concert où on a pu entendre des musiciens de la relève du Conservatoire de musique de Quebec ou de la Faculté de musique de l’Université Laval.

Maestro Otto Tausk Ombrage Le concert du 12 janvier a été dédié à la mémoire de M. François Magnan décédé le 16 janvier 2020 à 90 ans et qui a eu un parcours exceptionnel en parallèle avec l'Orchestre, raconté par Carl Langelier. Après quoi la première partie débute de manière majestueuse avec le soliste Julian Steckel, violoncelle qui dès les premiers accords de ce Concerto pour violoncelle de Dvořak nous laisse apprécier d'abord le talent enlevant des musiciens de l'Orchestre qui nous envoûtent dès le départ avec une si belle pièce aux accords aériens mettant la table pour les notes magiques de Julian apportant des accords vibrants avec une manière colorée d'utiliser son archet passant d'un ton léger à grave en alternance qui nous tient sous son joug.

Julian Steckel, violoncelle Ombrage Il nous amène dans son voyage musical sans pareil, on vogue tous sur une mer de notes enlevantes qui se modulent par moments, un peu plus ardentes tout en ayant une douceur parfois perturbée. La sensibilité de son archet s'imprègne dans nos êtres nous amenant à vibrer sous ses mains habiles. Il a une présence scénique remarquable surtout lorsqu'il berce son violoncelle au moment où il joue des portions remplies de tendresse; on aurait presque vu Cupidon et quelques fées se promener au dessus de la scène Louis Fréchette en cette soirée soulignant l'amour. Superbe façon de nous démontrer les variations allant d'un sourire à la passion.

Tout au long, ce concerto était dirigée par Otto Tausk, chef qui indiquait la force des mouvements avec ses mains, laissant la baguette de côté pour simuler les divers tempos avec ses doigts comme s'il jouait sur une feuille de musique invisible qu'il imprégnait de force lors des portions plus marquées. Julian a une présence indéniable et sait faire chanter son instrument pour nous surprendre. L'Orchestre et le soliste forment de si belles harmonies créant de belles envolées comme un aigle s'échappant dans une montagne, glorieusement, tout à fait superbe et qui semble se terminer sous un soupir qui devient magistral et explose en une ovation monstre qui perdure longtemps.

Julian Steckel, violoncelle Ombrage En seconde portion on rejoint la partie monologue et musique conjuguée par Emmanuel Bilodeau, comédien et les musiciens de l'Orchestre symphonique de Québec avec un programme illustrant Wagenaar Cyrano de Bergerac, donnant place vraiment à la verve de Cyrano dont les paroles nous font parfois rire de par le descriptif utilisé avec panache nous parlant de son roc, de son perchoir à petites pattes d'oiseau, tout un pif qui n'enlevait rien à la beauté des paroles suivies par une musique superbe où on sent l'amour s'envoler avec des accents de détresse, d'amour, de franchise de Cyrano pendant près de 30 minutes qui nous enchantent suivant les directives de la baguette du chef qui les pointent et dirigent habilement.

Emmanuel Bilodeau Ombrage Ouverture de concert Strauss Don Juan présentée dans le concert du 12 février seulement, nous a valu un autre monologue d'Emmanuel annonçant que Don Juan se maintenait toujours prêt , rire d'un baiser volé, pour chaque femme avec des amours différents, pour apaiser sa fureur. L'Orchestre nous fait sentir la fougue venant de Don Juan, ressentant sa passion, l'émerveillement, la surprise, la tendresse, la complicité, l'ardeur jusqu'à l'abandon sublimant des sentiments ultimes dans cette course puissante. Tout un programme éclatant qui nous a montré la puissance de l'amour sous sa forme musicale élevée superbement, toute une soirée que l'on est pas prêt d'oublier.