Orchestre symphonique de Québec –Tchaikovski face à son destin!

Comme le lancement de la programmation 2018-2019 avait eu lieu deux jours plus tôt nous avons eu droit à un rappel des principaux volets qui seront présentés pour la prochaine saison de l’Orchestre symphonique de Québec débutant avec le magnifique vidéo de Nova film qui nous montre Québec et son Orchestre avec des bijoux d’images de la ville et des volets/compositeurs qui seront présentés. Après quoi c’est Nicolas Jobin et Fabien Gabel qui nous parlent des classiques intemporels et découvertes de la prochaine programmation qui est remplie de petits trésors à venir déguster.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Continuant dans la vague des concerts russes, lors de cette soirée du 29 mars 2018, l’Orchestre symphonique de Québec nous a présenté « Tchaikovski face à son destin » un des concertos les plus populaires du répertoire pianistique, reconnaissable dès les toutes premières notes et une symphonie d’une grande intensité dramatique, composée sous le signe du destin, dans la salle Louis-Fréchette du Grand-Théâtre de Québec.

On débute donc avec « Eugène Onéguine, polonaise » une musique enlevante altière qui nous amène dans un autre univers , une musique qui danse mettant en vedette toutes les sections de l’orchestre qui interagissent de manière grandiose. Cette pièce nous montre la passion de Tchaikovski pour l’opéra et Eugène Onéguine est considéré comme étant son chef d’œuvre dans ce domaine. On sent l’énergie traduite entre les cordes, les cuivres et percussion qui nous amène au grand bal se tenant en l’honneur de l’héroine, Tatiana dont c’est la fête et qui nous a apporté une si belle mélodie.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Ensuite c’est le « Concerto pour piano nº 1 » qui fait son entrée magistrale avec l’arrivée de la pianiste Alexandra Dariescu, jeune pianiste roumaine dont la présence scénique hors de l’ordinaire et la musicalité innée ne cessent d’être acclamées partout dans le monde . Ce soir, vêtue d’une belle robe blanche soyeuse lui donnant un air angélique, elle joue avec conviction ce concerto en trois mouvements d’une main experte et dès les premières notes on reconnaît cette composition grandiose, qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière note. On se serait cru à la présentation d’un ballet avec des petits chaussons de satin blanc lors des portions plus douces et le mélange piano avec l’Orchestre donne une texture et profondeur à la pièce.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Certaines portions sont plus aériennes , plus douces et contrastent avec celles plus rapides ou saccadées qui s’enchevêtrent et apportent beaucoup de curiosité dans la musique , de découverte dans les mouvements qui soudain s’emballent créant une certaine urgence avant de revenir avec quelques notes plus légères au piano. On ressent les sentiments de puissance, de course et après un temps plus orageux, le jeu redevient plus souple. Ensuite après l’obscurité, le temps se découvre et s’ouvre sur une nature fraîche, comme si le printemps renaît avec des airs qui s’envolent sous un soleil radieux avant de terminer avec hardiesse, rapidité sous les applaudissements à tout rompre des amateurs ravis. Petit rappel joyeux avec une pièce à quatre mains car Fabien Gabel, notre maestro se joint à notre concertiste pour du duo très doux et apprécié.

En seconde partie, le chef d’orchestre Fabien Gabel et les musiciens de l’Orchestre symphonique de Québec attaque la « Smphonie no 4 » qui est pour le compositeur l’expression du destin. Les quatres mouvements nous montreront que le destin est souvent tumultueux et est traduit avec vigueur dans le premier thème par les cuivres comme une force vitale avec des accents du cors comme un tourment intérieur que nous font sentir les musiciens. On a l’impression d’assister à une longue marche qui soudainement prend de la vitesse pour arriver à un sanctuaire, un abri lui permettant de se reposer évitant de peu la cavalerie qui fonce.

Orchestre symphonique de Québec Ombrage Ensuite après un moment de réflexion les idées s’éclaircissent et se font plus joyeuses, enveloppantes avant de reprendre la course de plus belle jusqu’à une douce interlude pour reprendre son souffle avant le sprint final où l’espoir renaît, prend les devants étant emporté dans la course effrénée des violons jouant à une vitesse folle presque impossible d’un destin alternant entre la réalité pénible et les rêves de bonheur qui soudain s’évadent.