ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LÉVIS – SYMPHONICADO 2014

Cette année pour la 7e édition de Symphonicado, c’est le Romantisme Allemand et l’Âme Russe qui sont à l’honneur en ce 31 mai 2014 où des enfants des écoles environnantes sont invités à apprécier la musique classique avec leurs parents. C’est sous le soleil faisant rayonner les vitraux de l’Espace symphonique que le concert débute « Dans les steppes de l’Asie Centrale » d’Alexandre Borodine.

La musique se fait douce, sensible, légère et nous fait part entière de son histoire qui se déroule sous le doigté expert des musiciens lui donnant vie. La complainte se fait presque ensorcelante et nous prépare au concerto suivant. Le piano ornant la scène lui donne un cachet chic pour accueillir une jeune soliste, Marianne Roy-Chevalier, diplômée du Conservatoire de musique de Montréal qui vient traduire pour nous le concerto le plus romantique de Robert Schumann.

Marianne Roy-Chevalier On assiste aisément aux changements de rythmes alternant de puissants et impétueux pour devenir plus légers, aériens et passionnés pendant que le soleil se couche et que notre attention se concentre sur la scène et les musiciens. La finesse du doigté de la jeune pianiste se ressent plus profondément lors des passages plus doux, enchanteurs, nous berçant avant de reprendre de la vigueur qui surprend par son envol. On assiste presque à un duel, un tango de deux forces présentes qui s’entremêlent et se laissent sans voix au final ayant tout donné.

La danse reprend lors du second mouvement avec verve, passion, vibrant d’un son envoûtant qui nous charme laissant errer l’esprit plus féminin qui en robe de bal s’exécute entre les noires et les blanches, de la nuit au lever du jour, jusqu’à l’explosion plus marquée de la cascade jaillissant de la pierre, du sentiment radical à recalibrer lorsqu’il rencontre la belle en apothéose sous les applaudissements soutenus de la foule.

En seconde partie, on se retrouve en Russie grâce à Dimitri Shostakovich et sa 5e symphonie, composée en 1937, juste avant la deuxième guerre mondiale comme trame de fond. En cette époque mouvementée il avait su toucher le cœur du peuple russe qu’il n’avait pas voulu quitter même s’il était angoissé par rapport aux menaces qui pesaient sur lui.

On sent aisément les émotions qui l’habitaient que ce soit la mélancolie, la peur, la douleur et tourmente, sentiments communs à ce peuple partageant leur quotidien et leurs rêves de liberté. Certains mouvements trouvent racine dans l’oppression, la chasse , le souffle manquant au tournant d’une rue, le cœur battant à tout rompre au rythme du défilé des troupes pouvant leur couper les ailes.

Vue de l'Espace Symphonique de Lévis Ce n’est pas une œuvre joyeuse mais puissante qui lève la voix et appelle à l’amour, au bonheur de la liberté qui nous montre le bon côté de la médaille. On sent presque la neige tomber et couvrir la peine des pauvres ouvriers trimant dur, relevant une douce complainte d’abnégation ou de résilience. Les notes traduisant mieux que des mots ce trop plein d’angoisse voulant se libérer et atteindre un moment de plaisir que l’on ne pouvait renier; pouvant se permettre des extravagances musicales sans représailles grâce à sa notoriété .

On sent tout de même sa tristesse avec une certaine lassitude face à cette éternelle pression. La harpe et la flûte murmurent et lui apportent une certaine légèreté enveloppée par le jeu magnifique des cordes, cuivres et percussion qui reprennent en puissance, rendant un hommage à la voix du peuple, qui ne peux se fermer devant le peloton d’exécution pour une dernière envolée poignante, libératrice et magistrale.

Sur une autre note, la présidente de l’OSL, Mme Lyne Desmeules, a tenu à remercier leur directrice générale des 3 dernières années Mme Odette Grondin pour sa passion, sa créativité, son audace et engagement auprès de l’Orchestre – elle manquera à tous les membres de l’OSL et à tous ceux qui ont eu le privilège de la connaître.

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