LE TRIDENT présente NORGE, fabuleux et captivant

Jusqu’au 28 mars 2015, le Théâtre le Trident présente en coproduction avec le Théâtre Humain, NORGE, texte et mise en scène de Kevin McCoy à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec. Avec une distribution minimaliste comprenant Esther Charron, pianiste émérite ainsi que Kevin McCoy un narrateur-comédien-auteur gigantesque dans ce rôle des plus captivant qui nous tient en haleine tout au long de cette soirée qui paraît trop courte (seulement 90 minutes sans entracte) car la livraison de ces souvenirs est pertinente, intelligente, chavirante par moments, drôle parfois mais toujours sincère et puissante.

Norge de Kevin McCoy Kevin McCoy nous ouvre une fenêtre sur sa vie, sur ses racines de manière originale. On est accueilli par la neige omniprésente qui semble nous rafraîchir et par le son du vent du Nord, provenant de la nuit artique et noire. Tout est bien calculé, le silence, l’entrée de la pianiste qui déneige son piano avant de nous charmer avec sa belle musique servant de fond à un poème norvégien débutant par « Comme la neige a neigé… »jusqu’à « je suis la nouvelle Norvège » récité en norvégien mais traduit par chance sur écran géant qui nous apportera aussi de merveilleuses images et souvenirs de sa vie.

On passe par la nuit noire puis sous la voûte étoilée tellement belle qu’on aurait le goût de faire un souhait, on entend ses soupirs et ressent son désir de connaître plus sa grand-mère, ses origines, pourquoi elle avait immigré de la Norvège vers les Etats-Unis…son passeport nous apparaît comme un fantôme du passé que l’on ne peux renier et qui est une trace tangible de son aventure. Qu’il soit devant un feu de camp ou en route vers la Norvège, son récit est vraiment bien présenté et on se sent partie prenante de son voyage, partageant son expérience à bien des niveaux, ses confidences qui à l’occasion se concentre sur ses parents, la maladie de sa mère et l’inévitable cheminement de la vieillesse, des foyers et leurs conséquences.

Que ce soit en dirigeable, en avion ou en bateau, le voyage nous amène au loin à la recherche de preuves tangibles de la vie de sa grand-mère et des générations subséquentes. Les divers changements de situations sont appuyés par de la musique envoûtante qui devient un lien tangible dans l’histoire. Ses descriptions sont bien traduites par les images également mais c’est sa voix qui nous fascine, qui nous garde en contact avec ses émotions parfois à fleur de peau, pleine de tendresse qui se laisse bercer par sa comparse musicale lorsque les souvenirs sont trop gros à soutenir.

Aurores boréales, musique presque fantomatique, village enneigé, photos de voyage ou d’un autre temps, tout est bien monté, présenté de si belle façon, poétiquement pour mieux nous entraîner dans son sillage si émouvant avec un tremblement, une larme qui nous prend à bras le corps nous donnant une forte impression de vivre le tout en direct et l’on comprend pourquoi l’enfant de 4 ans qu’il a été et qui a perdu sa grand-mère, veut tant la retrouver. Un beau livre d’histoire qui nous donne le goût de l’entendre à nouveau et peut-être même d’écrire nos propres pages de souvenirs.

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