LA MONNAIE DE LA PIÈCE – un pur plaisir à la Salle Albert-Rousseau


Les productions Benoît Brière Inc et Le Théâtre du Vieux-Terrebonne nous ont présenté ce vendredi 19 septembre 2014 une comédie désopilante, version moderne d’un cyrano désespéré qui n’hésitera pas à mentir pour protéger sa famille de la vérité. Avec une brochette de comédiens incroyables tels que Martin Drainville, Luc Guérin, Pierrette Robitaille, Marie-Hélène Thibault pour n’en nommer que quelques-uns, il ne pouvait en être autrement car ils se donnent comme toujours et la chimie s’opère entre eux de façon éclatante.

Cette pièce de Didier Caron et Roland Marchisio a été brillamment mise en scène par un Benoit Brière que l’on sent presque apparaître dans certains moments où les répliques suaves nous le rappellent. Et ce succès de théâtre d’été (50 représentations) est un pur divertissement qui nous fait oublier le froid prenant place à l’extérieur. Notre esprit relaxe immédiatement et le temps semble passer si vite malgré les 2h30 nécessitant le déroulement de cette histoire rocambolesque.

La monnaie de la pièce Vous vivrez la journée folle d’un chef d’entreprise dans une situation financière catastrophique qui se retrouvera avec sur les bras un huissier qui arrive à un moment inopportun sonnant déjà à la porte de sa maison cossue pour débuter la journée. Mais comme il ne veut pas en parler à sa femme, dépressive, ni à sa belle-mère, actionnaire majoritaire de son entreprise cela complique franchement la donne.

Il doit donc obtenir un prêt dans la journée ou vendre sa maison dans le plus grand secret. Heureusement pour lui, sa banquière doit lui rendre visite. Malheureusement pour lui, sa femme, sa belle-mère, l'huissier et l'agent immobilier arrivent au même moment sans oublier la présence d’un livreur plutôt omniprésent tout au long de la journée. Comment cela se développera nul ne le sait mais son problème semble s’amplifier tout au long du programme.

La monnaie de la pièce Que dire à sa femme quand on lui a caché une situation financière désespérée, qu’un huissier vient saisir ses meubles, qu’un agent immobilier vient faire une visite? Rien, sinon mentir. Et franchement Martin Drainville, alias Robert Lamontagne excelle dans ce processus fou et son ami, Jean-Pierre saute à deux pieds dedans avec lui dans cette aventure qui ne cesse de changer à la seconde, selon l’idée qui leur vient en tête dès qu’ils se sentent pris dans une situation qui devient de plus en plus compliquée à se souvenir et qui porte à confusion pour certains personnages hilarants.

Au fur et à mesure qu’il se débat dans cette mer de mensonges, il change sa vérité tel un pinocchio vibrant et coloré qui nous amuse au maximum avec des répliques du tac au tac qui présente parfois un humour subtil autant que d’autres très physiques qui donnent encore plus de vie aux personnages variés qui changent même de rôle selon les mensonges contés comme son ami qui est parfois son beau-frère ou son frère et même futur beau-père selon à qui il raconte ses histoires : Drainville et Guérin forment un duo d’enfer, irremplaçables et d’un naturel comique auquel on ne peut résister.

La monnaie de la pièce Lorsque la belle-mère s’en mêle, c’est une Pierrette Robitaille en feu, qui plus grande que nature renforce les problèmes de Robert qui voudrait bien s’en débarrasser s’il n’avait pas tant besoin d’elle…un poison sur deux pattes qui se mêlent un peu trop de ses affaires. Sa femme, aux abords bonne poire et malade, remplit son rôle à merveille tout en lui réservant une surprise de taille de son cru. Tous les personnages nous régalent chacun leur tour avec finesse, justesse et une prestation flamboyante digne des grands vaudevilles qui de tous les temps ont fait rire leur public et cette fois encore tous les spectateurs se sont délectés de ce succulent dessert d’été à la sauce Brière.

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