MACHINE DE CIRQUE…tout à fait époustouflant au Théâtre de la Bordée

Depuis le 21 mai jusqu’au 24 mai 2015, la Machine de Cirque a élu domicile au Théâtre de la Bordée pour lancer leur nouvelle compagnie et nous présenter leur premier spectacle. On est accueilli par Vincent Dubé, directeur artistique, metteur en scène qui a eu cette idée originale de monter un spectacle à la fois poétique, humoristique et acrobatique. Partant de l’idée que l’on est quinze ans après l’apocalypse et que seuls cinq hommes ont survécus. Ils réussissent à survivre grâce à une machine des plus surprenantes dans un monde en pièces détachées, dans un univers dépourvu de femmes et d’ordinateurs.

Machine de Cirque C’est l’ombre des artistes qui nous amènent dans le monde magique du cirque grâce à la projection d’images nous montrant un film muet de situations qui font partie de leur passé ou de notre futur, le tout de manière tout à fait poétique, presque à la Charlot. Dès le début du spectacle on ne peut plus détacher nos yeux de l’action pour ne rien manquer de l’ingéniosité déployée tout au long de leur histoire. Ils font le tour du chapeau ou plutôt des chapeaux qui s’envolent sous les yeux amusés des petits et grands.

Pitreries, jeux de mains et de pieds, montages de poteaux, bruitages savants et acrobaties diverses font partie de l’équation. Les cinq artistes qui nous font vibrer cirque sont rapides, habiles , éclatants et multifonctionnels car ils accomplissent des merveilles dans une sculpture étagée remplie de multiples articles qui serviront tout au long de la soirée (fenêtres, panneaux sur roulettes, bicyclettes, unicycles, chaudière, planche, cordes, lumières, quilles, etc) et malgré que cela soit très exigu, ils agissent à la vitesse de l’éclair comme s’ils avaient tout l’espace nécessaire pour s’envoler dans l’espace.

C’est un enchevêtrement de numéros les plus spectaculaires les uns que les autres et l’imagination est au rendez-vous chaque fois; on le comprend mieux lorsque l’on apprend que les cinq vedettes sont déjà des maîtres dans le domaine du cirque, que Yohann Trépanier a déjà été concepteur pour le Cirque du Soleil, qu’il a fait partie du duo « Les beaux frères » joué sur plusieurs scènes internationales avec Raphaël Dubé, qui est encore là aussi pour nous offrir des numéros de jonglerie, d’acrobatie et comédie.

Machine de Cirque Un autre duo celui de Ugo Dario , acrobate en planche coréenne ainsi que Maxim Laurin avec qui il a créé deux numéros de planche coréenne qui ont remporté la médaille d’or au Festival mondial du cirque de demain à Paris et en Suisse. Le cinquième et non le moindre membre du groupe Frédéric Lebrasseur percussionniste autodidacte et artiste multidisciplinaire, qui s’est produit dans plus de 25 pays mais qui ce soir est la trame musicale du spectacle, la colle dans chacun des numéros et qui lui aussi sait faire rire le public.

D’ailleurs c’est lui dans le numéro du batteur débordant d’énergie, aux abords du stress, qui crie, joue, fait crouler de rire la foule et particulièrement les enfants, qui est une bête de foire qui monte au nirvana de la musique comme vous ne l’avez jamais vu et que ses amis essaient de contrôler par tous les moyens. La danse du polaroid, la montée du trapéziste sur les rythmes musicaux influençant ses mouvements, les sauts sur poteaux qu’ils montent et descendent comme si c’était facile sont très imaginatifs, intelligents, bien montés, interactifs avec le décor et qui nous laisse dans l’attente du moment suivant tout en donnant lieu à de merveilleux rires et commentaires.

On voit leur force brute dans des moments de sauts d’une poutrelle à l’autre mais aussi leur sensibilité dans un numéro où une demoiselle de la salle sert de petite amie à un clown aux grands yeux qui l’invite pour un moment à profiter de sa vie, de ses amis servant d’hommes fauteuil et plus encore, l’imagination à son meilleur sans oublier les quilles qui prennent vie grâce à l’agilité des acrobates et la musique d’un animal au cri irrésistible et rires communicatifs.

Machine de Cirque Après une portion sous la pluie qui rafraîchit et un spécial serviettes en délire qui en a émoustillé certains et surpris les autres de par leur efficacité et audace qui a fait lever le toit sous les applaudissements, la finale sensationnelle des artistes marchant sur la planche, sautant, virevoltant, y allant de sauts périlleux pour ne pas dire dangereux, qui nous laisse sur le bord de nos sièges haletants, criant de plaisir, souriant et soulignant pendant de longues minutes notre appréciation pour ce nouveau groupe de « Machine à cirque » (à ne pas manquer) qui fera des flammèches encore bien longtemps car ils sont tout simplement fabuleux, merveilleux, époustouflants… un incontournable .

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