FOUGUE ET SENSUALITÉ un spectacle fabuleux de l’OSQ, Fayçal Karoui chef et Karen Gomyo au violon

OSQ Les spectateurs présents dans la Salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre le 30 avril 2014 ont eu le privilège d’assister à un merveilleux concert nous présentant le chef, Fayçal Karoui dirigeant les musiciens de l’OSQ ainsi que la virtuose Karen Gomyo au violon donnant un mélange de fougue et sensualité qui a rempli toute la salle pour s’emparer de nos cœurs totalement sous le charme.

Pour cette soirée de musique russe, le programme débute par un « Prélude » de Moussorgski joué par l’OSQ dirigé par un chef épanoui, dynamique qui nous amène à l’entrée des grandes steppes, dans la forêt où règne une atmosphère presque féerique où les notes s’envolent comme des papillons et charment nos oreilles. Les branches des grands arbres s’enlacent en faisant la révérence sous l’influence de la flûte et des archets magiques, un charme qui se termine trop tôt.

On entend ensuite le violon ensorcelant de Karen Gomyo, incomparable violoniste qui s’était déjà produite à l’âge de 9 ans avec l’OSQ y jouant les redoutables Airs bohémiens de Sarasate; ce soir elle nous joue le concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski. Elle débute sa complainte enchantée avec légèreté et un doigté dont l’excellence nous apparaît dès la 1ère note et qui s’approche parfois des sons inimaginables. C’est un pur plaisir de laisser notre esprit vibrer sur ces enchaînements qui nous apportent une joie printanière qui nous manque, un regain de vie qui nous interpelle, le tout appuyé par la majestuosité altière des musiciens de l’OSQ : une prestation digne d’un tsar lors des grands bals royaux le tout avec fougue s’égrenant jusqu’à l’ultime note.

Fayçal Karoui Chef d'Orchestre On croirait assister à la renaissance de la vie, débutant par un bourdonnement sourd devenant plus aérien poursuivant sa course à travers lac et roseaux nous amenant vers l’immensité des terrains comblés d’une flore aux doux coloris reflétant la sensualité développée sur cette musique et d’une faune diversifiée où lapins et bambis gambadent à qui mieux mieux pour arriver devant la grandeur d’un palais endimanché, brillant de mille joyaux…musique et performance exceptionnelle, envoûtante, qui nous ensorcèle du début à la fin…on n’ose presque pas respirer pour ne pas déranger la magie qui opère.

Dans la partie médiane, en andante, les cordes se font plus tourmentées, plus insistantes lors de certains passages mais son interprétation tout aussi charmante nous garde en écoute constante représentant bien le charme s’enroulant autour de la note qui glisse, perle, se reprend pour nous pénétrer jusque dans notre inconscient, au fond de l’âme, sentant presque son cœur battant cette grande musique qui nous surprend au détour devenant plus fougueuse et insouciante comme l’eau vive ruisselante, plus pressante d’arriver à destination avec une sonorité couvrant tous les spectres de l’arc-en-ciel. Avec une musique nous arrivant parfois à la vitesse de l’éclair, on peut dire de cette virtuose éclatante qu’elle est une étoile parmi le firmament des plus grands violons et qui a bien mérité la très longue série d’ovations, totalement magique.

En seconde partie, « la tempête » de Tchaïkovski éclate et nous montre la versatilité de l’OSQ où les cordes, cuivres et percussions se marient à merveille étant chacun en vedette pour se retirer et revenir à son tour. L’appel du cor se fait pressant, plus insistant, supplantant le fond grandissant du murmure se gonflant . On entend les éléments surchauffer, s’entremêler et la fureur prend place, le tonnerre gronde sous la puissance de la tempête qui frappe de toutes ses forces laissant la nature haletante presque sans vigueur.

La virtuose Karen Gomyo Lente à se secouer de cette torpeur envahissante, la nature réagit contre vents et marées, la flamme de l’espoir rejaillie, la vie reprend son cours après avoir secoué son fardeau et s’être lavée de l’outrage vécu. C’est également un plaisir de regarder le maestro si vibrant dont la baguette magique s’est presque envolée dans le feu de l’action pour en finir par faire doucement refleurir un mélange emballant de notes plus frétillantes les unes que les autres, simplement magistral.

En finale, retour à Moussorgski avec « Une nuit sur le mont chauve » qui a inspiré tant de dessinateurs dont ceux de Disney, nous ramène aisément la course des balais à l’intérieur d’un château rempli d’escaliers sans fin nous donnant à penser que si ce n’était pas de la grande musique plusieurs classiques animés entre autres n’auraient pas vu le jour car elle inspire les plus grandes passions et idées germant de l’imaginaire enflammé par ces notes magiques. Les esprits ainsi ouverts leur font créer divers scénarios les plus farfelus, colorés les uns que les autres, inspirant la joie, la peur, la passion et toute une gamme de sentiments nous amenant au cœur de l’action célébrant la vie de manière majestueuse.

Les notes magnifiques nous font ressentir leur grandeur, beauté, tressaillements selon l’intensité du moment recherché allant de la noirceur à la clarté créant un moment divin sous la harpe des anges qui nous amènent au septième ciel…un vrai cadeau dont on pouvait presque toucher la douceur. Le chef , Fayçal Karoui, dans un élan de gentillesse et parce qu’il a eu un immense plaisir à passer la semaine avec les musiciens de l’OSQ qu’il trouve extraordinaire tout comme nous, nous offre un encore aux accents français nous amenant un peu la chaleur de l’Espagne en terminant avec les accords de Toréador et tout comme lui il a su affronter l’arène du Grand Théâtre et remporter sa cape dorée, un passage remarqué et remarquable.

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