Festival d’Opéra de Québec 5e édition : L’Amour de loin une mise en scène de Robert Lepage

En conférence de presse avec les dirigeants de la 5e édition du Festival d’Opéra de Québec on a pu entendre M. Grégoire Legendre nous parler de la programmation phénoménale de 2015 et c’est Robert Lepage qui nous a parlé de « L’Amour de loin » une des grandes œuvres phares de musique contemporaine et dont il est le metteur en scène. Présenté dans la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec les 30 juillet, 1er, 3 et 5 août à 20 h, cet opéra est le fruit d’une nouvelle collaboration du Festival avec le Metropolitan Opera et Ex Machina, en grande première mondiale à Québec.

Festival d'Opéra de Québec Composé par Kaija Saariaho sur un livret d’Amin Maalouf, l’opéra L’Amour de loin est une légende d’amour et de mort où l’Occident chrétien et l’Orient mystique se rencontrent dans les flots de leurs désirs et de leurs rêves impossibles. Entre amour courtois et conte oriental, cette histoire met en scène Jaufré Rudel, troubadour et prince de Blaye en France du XIIe siècle, et Clémence, comtesse de Tripoli, au Liban. Jaufré Rudel, lassé de sa vie de cour, apprend par un pèlerin l’existence, sur l’autre rive, d’un amour idéal dans la personne de la comtesse Clémence. Séduit par les mots de ce pèlerin et saisi par le désir d’un amour pur et lointain, Jaufré quitte son rivage et traverse la mer pour trouver son rêve.

Il est attendu par Clémence, à qui le pèlerin a révélé la présence d’un homme qui « parle d’elle dans ses chansons » et qu’une passion et un espoir nouveau envahissent alors. Le voyage de Jaufré ne sera qu’angoisse et maladie, menant le troubadour non vers l’amour, mais vers la mort. Seul « l’amour de loin » sera possible. La musique de Kaija Saariaho dans L’Amour de loin est un vaste espace sonore qui allie des mélodies médiévales à un style spectral. Son rythme quasi-suspendu cache une transformation lente et presque continue.

Robert Lepage et Michael Curry, dans leur nouvelle production de L’Amour de loin, ont choisi de faire émerger le conte et la musique d’un espace maritime imaginaire. Sur scène, un flot de cordes, simples lignes verticales, crée un horizon aquatique stylisé. Source, mais aussi réceptacle des passions des deux amoureux, cette mer, à la manière de la musique de Saariaho, vibre, scintille, enfle, résonne et évolue en continu par des effets de machineries, de lumière, de vidéo et de marionnettique. Des profondeurs de ce vaste espace aquatique proviennent, par moments, des voix. Et sur la mer flotte un énigmatique pèlerin, qu’elle mène d’une rive à l’autre afin de tisser les liens d’un amour illusoire.

À ce monde horizontal, aqueux, Robert Lepage et Michael Curry opposent un axe vertical : sorte de tour (tour d’ivoire ou rivage de l’Occident?) d’où apparait Jaufré et qui permet à ce personnage aérien de se percher et de s’isoler. La structure est mobile et pivotante, et semble aussi devenir, quand elle bouge, girouette des passions. On la trouvera plus tard portant Clémence, comme sur un ponton, vers son bien-aimé . Deux pôles, l’un aérien, l’autre aquatique, s’opposent, se reflètent et se mêlent dans cette production de Robert Lepage et Michael Curry, comme deux axes scénographiques que la musique et les passions viennent confondre.

Robert Lepage Offert en Version originale française cette Coproduction Metropolitan Opera (New York), Festival d’opéra de Québec en collaboration avec Ex Machina saura éblouir encore une fois les spectateurs qui savent que tout ce que touche Robert Lepage devient source de magie et d’émerveillement donc à mettre à votre programme d’activités pour les 30 juillet, 1er, 3 et 5 août à 20 h. Vous pouvez voir la programmation en cliquant ici

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