CÉCILE McLORIN SALVANT – au FESTIVAL DE JAZZ DE QUÉBEC 2014


Nous en sommes déjà à la deuxième semaine de la 8e édition du Festival de Jazz de Québec et ce mardi 21 octobre2014 au Théâtre du Capitole c’est au tour de Cécile McLorin Salvant de fouler cette magnifique scène de prestige. En première partie c’est Valérie Clio qui ouvre la soirée en chantant « Nature boy » avec Sébastien Champagne au piano chez qui on sent la fibre jazz dès le départ.

Valerie Clio Avec une voix grave, pausée elle nous présente plusieurs de ses chansons à la sauce jazz avec l’aide de son directeur musical et bassiste, Guillaume Tondreau, son drummer Jesse Ludovic et Sébastien, son pianiste bien entendu avec qui elle a composé quelques chansons également, un soir de tempête dont « Beautifull » , une belle balade qui va bien à sa voix de velours mais dont la puissance s’échappe par moment pour des envolées plus marquées. On aimerait bien rencontrer son « M. le vendeur » pour lui acheter nous aussi tout ce qui ressemble au bonheur.

Après la pause c’est une autre haïtienne qui est en vedette, c’est Cécile McLorin Salvant qui arrive tout sourire pour nous dire que « personne » ne veux de moi…sous une musique typiquement jazz (piano, contrebasse et batterie) mais si on se fie à la réaction des gens qui l’entendent, ce n’est pas le cas, car tout le monde veut entendre le programme qu’elle va nous présenter pour les 90 minutes suivantes.

Elle raconte son histoire avec une voix qui va du murmure à la force du torrent, montrant les différences vocales dont elle a le secret…du feutré en passant à l’explosif. Il faut dire qu’elle a tout un parcours : Elle débute le piano à l’âge de cinq ans et le chant choral et lyrique dès huit ans. En 2007, elle poursuit des études de jazz (piano et chant dans la classe de Jean-François Bonnel) et de chant lyrique et baroque (dans la classe de Laure Florentin) au conservatoire de musique d’Aix-en-Provence.

Connue pour son interprétation originale des standards, mais également pour celle de morceaux du répertoire de jazz rares et peu enregistrés, Cécile débute sa carrière en Europe et aux États-Unis se produisant avec de grands musiciens à travers le monde tout comme aujourd’hui.

« Nobody » nous montre son style particulier du grave à l’aigu dans le même conte mais de sonorité plus Nouvelle Orléans avant de poursuivre avec le poème chanté d’une haïtienne parlant de peine sanglotée, dans laquelle elle relate des mots doux mais qu’elle entend à peine à travers son malheur… poésie en mouvement. À certains moments on a l’impression d’assister à une comédie musicale, tirée de Broadway pour mieux revenir dans d’autres styles.

On voit dans son regard le bonheur d’être là et on ressent sa joie de vivre, de chanter le jazz et la vie. Elle utilise sa voix à tous les octaves possibles et son sourire contagieux nous montre le plaisir qu’elle a à chanter et nous interpréter un répertoire riche et varié tout en mettant en vedette chacun des musiciens formant son quatuor.

Cécile McLorin Salvant Avec « Les parapluies de Cherbourg » on constate encore plus sa versatilité et le contrôle incroyable de sa voix, la qualité de ses vibrations qui s’imprègnent des paroles pour les délivrer à sa façon; elle s’abandonne à la musique et au moment. Elle profite pleinement de tous les instants et parfois on a l’impression d’apercevoir une petite fille s’amusant sans réserve dans un magasin de bonbons; elle choisit ses saveurs, les agencent à son goût avec les musiciens qu’elle apprécie et nous livre à son tour les petits trésors trouvés avec un talent immense et un sourire radieux, nous livrant les deux bouts de l’arc-en-ciel.

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