CLOUD GATE DANCE THEATRE OF TAIWAN présente SONGS OF THE WANDERERS

CLOUD GATE DANCE THEATRE OF TAIWAN présente SONGS OF THE WANDERERS C’est ce mardi 25 mars 2014 que la troupe de danse du Cloud Gate Dance Theatre of Taiwan, créée en 1973 par le chorégraphe Lin Hwai-min, a présenté son spectacle “Songs of the wanderers” sur la scène de la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec devant une multitude de spectateurs curieux de voir de plus près ce que ce pays leur apportera en surprise pendant la soirée.

Dans la noirceur on entend le son du riz descendant du plafond, tombant sur la scène grain par grain, soudainement le son s’amplifie et une chute de riz doré coule doucement mais continuellement sur un maître bouddhiste en totale méditation qui ne bronche pas pendant plus d’une heure, comme s’il était le maître du temps qu’il capte pour ne pas le perturber, le tout sous un éclairage qui s’illumine lentement avant qu’il ne soit rejoint par des danseurs.

Les intervenants de la nuit dorée prennent le chemin de la rivière sacrée sous le son incessant de cette chute de riz…grain de vie qui sera au centre de cette production ressemblant à une séance de tai-chi géante. Ils s’abreuvent de la magie de cette rivière, cette source qu’ils approchent en mouvements lents et précis et ils repartent comme ils sont venus, se retirant dans leur lieu d’origine.

Cloud Gate Dance of Taiwan Tout un salut à la nature, une prière au soleil levant en communion avec la vie qui s’écoule entre leurs doigts; une danse lente, sensible continuant son chemin, se déroulant devant la statue immuable du temps. Les danseurs déplacent le sable avec leurs mains, leurs pieds parfois même avec tout leur corps, s’y roulant ou le foulant en traversant la plaine ou le tirant dans les airs le faisant miroiter au passage comme une richesse se renouvelant, dispersant les 3.5 tonnes de riz nécessaire pour créer cette expérience unique.

Métaphore de la vie poussée à l’extrême se traçant un chemin à travers les obstacles se retrouvant sur la route, une longue traversée vers les bois sous fond de chants grégoriens comme une danse de séduction entre la fée clochette et l’homme-arbre.

Les danseurs se donnent en entier et traduisent leurs sentiments formant un ballet de feuilles, de bois et grelots s’entremêlant sous la douceur du riz, dessinant le chemin de leurs vies sur fond doré. Leurs mouvements imitant le temps qu’il faut prendre, celui qui coule lentement, qui permet le recueillement ou la réflexion menant vers une spiritualité plus élevée; comme si on se retrouvait seul au sommet d’une montagne où on laissait couler nos sentiments de joie puis de colère pour en arriver à l’abandon total après l’évolution de ses pensées.

Cloud Gate Dance of Taiwan On voit que la vie à deux est encore mieux lorsque la beauté est partagée , le chemin plus agréable créant soudainement une communauté, exprimé avec élégance et une pureté simple; on s’arrête presque de respirer pour mieux profiter du moment se mettant au diapason des chorégraphies aux mouvements lents parfois à peine perceptibles qui nous racontent leur histoire avec patience et contrôle…on n’a jamais vu une salle si silencieuse au Grand Théâtre.

Le rite du feu nous amène dans un univers plus feutré et mystique qui fut malheureusement perturbé partiellement par un accident lorsqu’une vasque de feu est tombée sur la tête d’un danseur qui est sorti du décor pour être accueilli par des ambulanciers qui ont soigné le malchanceux qui va s’en sortir avec des blessures mineures et une bonne peur pour tous les spectateurs qui n’en revenaient pas que le spectacle ait pu continuer malgré tout.

Après la nuit et le feu c’est la renaissance simulée par une pluie de riz surprenante, envoûtante, qui apporte un sourire sur tous les visages donnant l’impression de se sentir laver de tous les soucis, de sentir la joie nous envahir, résultant dans une ovation debout instantanée bien méritée.

Puis le grand jardinier de la vie et du temps vient dessiner, sur une scène devenue sablier géant, les cycles de la vie qui continuent sans fin, traçant le tout avec minutie et une patience infinie nous faisant réfléchir que l’on est le jardinier de notre propre destin et c’est à nous de tracer le chemin pour aplanir les écarts et problèmes rencontrés afin d’obtenir une vie plus harmonieuse et dorée comme le riz infini.

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