Boucar Diouf – Magtoek ou le Chemin qui marche devant une Salle Louis Fréchette comble!

C’est devant une salle pleine à craquer, plus aucun siège de libre dans la salle Louis Fréchette du Grand Théâtre de Québec tant pour ce soir 12 avril que demain 13 avril 2018, que Boucar Diouf est arrivé avec sa candeur, sa fraîcheur et sa joie de vivre pour nous faire vivre son hommage au Fleuve St-Laurent en nous embarquant dans sa croisière qui sillonne sa vie des 26 dernières années de son arrivée à Rimouski en 1991 jusqu’à aujourd’hui. Il veut nous faire voir le Québec par ses yeux , ses découvertes, ses différences tant au niveau de son dialecte et sa façon de vivre versus celle des gens d’ici.

Magtogoek ou le chemin qui marche, c’est le nom que les Algonquins avaient donné au fleuve Saint-Laurent avant l’arrivée de Jacques Cartier. C’est aussi ce chemin qui a guidé les pas de Boucar jusqu’à Rimouski . Aujourd’hui, armé de son amour pour l’histoire et la biologie marine, il vient vous raconter en humour ce grand fleuve dont les eaux coulent désormais dans ses veines. Ce spectacle est une grande déclaration d’amour au fleuve Saint-Laurent. C'est un voyage historique sur un flot d’humour et de science.

Boucar Diouf Ombrage Il nous parle de divers sujets partant de l’initiation à l’Université, du niveau d’acceptation des autres, du choc culturel tant pour lui que pour ceux qui le rencontraient, au niveau langage que compréhension de ce dernier car on se perd en traduction parfois. Il est content que l’on embarque dans son bateau et qu’on se laisse dériver d’une ville à l’autre en le suivant dans la multitude de sujets qu’il aborde tout au long. Il utilise beaucoup de verbes marins qui font sourire les gens mais qui ont du sens. Il utilise des jeux de mots très suaves.

Du dragage des filles à la polygamie, de la différence entre ici et l’Afrique, de l’adolescence à la vieillesse, on passe d’une extrémité à l’autre entre deux chansons à répondre . Il faut se mouiller pour apprendre à naviguer et on suit les ordres du capitaine avec plaisir. On aime bien lorsqu’il fait référence à son grand-père ou sa grand-mère et leur proverbes pleins de sagesse et de poésie ou lorsqu’il parle de ses amis dont Mamadou. Le professeur et scientifique ne sont jamais loin caché et il distribue des perles de connaissance tout au long de la soirée.

Le réchauffement de la planète fait partie du lot ainsi que ses conséquences, partant d’histoires débutant de plus de 20 000 ans en décrivant élégamment l’histoire du fleuve, des indiens, de la sagesse des anciens tout en parcourant le fleuve de Rimouski à Québec en ayant des étincelle d’histoire de Gaspé, des histoires comme on ne les a jamais entendues mais qui sont si charmantes et colorées. L’adaptation à l’hiver, aux expressions québécoises, en passant par la chasse à la baleine, à la création de chansons avec toutes ces expressions semblant bizarres, de la bouffe de chez nous et des animaux créant une arche d’immigrants provenant de par le monde nous surprenant et enseignant par le fait même.

Boucar Diouf Ombrage Des histoires de pêche et même d’avant Jésus-Christ, revenant à Jean Cabot et Jacques Cartier…on redécouvre notre Québec avec des yeux d’ailleurs remplis de rêve, de tire d’érable, de langue très inventive, d’usage des mots, de besoin vital de l’eau, du Fleuve. Son hommage final est très poétique et son humour est très spécial, coulant dans ses veines comme un adopté des battures du St-Laurent qui nous rappelle sa valeur avec ce clin d’œil.